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Il dit non avec la tête mais il dit oui avec le coeur il dit oui à ce qu’il aime il dit non au professeur il est debout on le questionne et tous les problèmes sont posés soudain le fou rire le prend et il efface tout les chiffres et les mots les dates et les noms les phrases et les pièges et malgré les menaces du maître sous les huées des enfants prodiges avec des craies de toutes les couleurs sur le tableau noir du malheur il dessine le visage du bonheur
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Allégeance Dans les rues de la ville, il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima. Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir, puis, léger, l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part. Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. À son insu, ma liberté est son trésor ! Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, Ma solitude se creuse. Dans les rues de la ville, il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour : chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus qui, au juste, l'aima Et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ! René Char - du recueil: Eloge d'une soupçonnée |
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Oublier nos passés Et les ombres portées Les larmes versées Ces silences blessés D'un même cœur pour deux Jouer de nos voix, heureux En harmonie des soupirs Au cristal de nos rires Et ton souffle et le mien A s’aimer de nos mains Musique de nos corps Les merveilleux accords Désir et déraison Amour au diapason D’une simple ritournelle A la chanson éternelle
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Attente douloureuse Sensation merveilleuse Venant de toi et tant d’émoi Ames reliées sans pourquoi Frémissante chaleur A l’intime sans pudeur Au silence de nos nuits Cœurs battants réunis Au fil de nos voix glissées Dans nos folles pensées Corps tendus embrasés De manque déchirés Abandonnés au défilé De fantasmes osés Au désir sans limite de jour A la forte beauté de l’amour Celle que tu vas cueillir De ta peau de tes mains Oui femme de toi à venir Ouverte offerte demain Aux désirs conjugués De nos plaisirs partagés
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Les mal aimés Les pas aimés Les grands blessés Les écorchés Les pas cicatrisés Les délaissés Les rejetés Abandonnés Largués Cassés Oubliés Mais pas désespérés Et qui s’accrochent A une étoile Au vent A l’espérance Sans oser y croire Aimant encore La peur au ventre Aimant toujours Quitte à souffrir Encore Aimants, jusqu’au bout De cette chienne de vie Qu’on aime, malgré tout
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