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Saint-Théo....

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585989 Publié le 18/11/2002 à 21:16 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
(suite de "Juste essoufflé 2")
575768 Publié le 18/11/2002 à 21:26 supprimer cette contribution
ohhhhhhhhhhhh! 8-)
519142 Publié le 18/11/2002 à 21:33 supprimer cette contribution
Nous abordons le curé d'une manière fort différente.... continue poisson infernal, c'est comme au cinéma. Génial
634723 Publié le 18/11/2002 à 22:04 supprimer cette contribution
un vrai régal, et dire qu'il est juste essoufflé!!!!!
seigneur quel coffre, souffles carlow, souffles.....nous on aime
585989 Publié le 18/11/2002 à 22:07 supprimer cette contribution
Chacun de ces curés était muni d’une arme redoutable ; un petite clochette d’airain ne quittait jamais leur main ; ding ! tu avances ; ding ! tu t’arrêtes ; ding ! tu entres en classe ;
dong ! tu te frottes la tronche parce que tu as parlé dans le rang et que Zorro t’as chopé et filé, avec souplesse, un bleu mais jamais de sang : mais bordel, comment fait-il avec sa clochette !! Zorro, c’est le veau ci-dessus, ainsi surnommé parce qu’on ne l’entend jamais arriver.
Préfet de discipline, qu’il est ; c’est bizarre, mais son quintal et sa souplesse en imposent aux plus terribles.
Evidemment que nous les surnommions tous :
L’infernal Goupil supervisait les études tranquilles du soir, au cours desquelles s’en passaient de belles. Ainsi était-il appelé à cause de son infaillible astuce, que j’ai eu l’honneur de mettre en défaut.
Je te raconte :

Un soir, je fabriquais des « moussègues », qui sont un zig-zag de papier que tu prépares, bien serrées, pour qu’elles volent bien grâce à l’élastique idoine…
Ayant à peine levé les yeux, je te me vois mon Goupil qui m’observe par l’angle mort de la fenêtre de l’étude… bon, je continue mon œuvre coupable comme « un qui ferait rien de répréhensible ».
Le Goups déboule, me décharne devant tout le monde et m’impose d’ouvrir le pupitre d’infamie.
Ce que je fais d’autant plus tranquille que, profitant des dix secondes nécessaires à son tour du bâtiment, j’ai refilé le matos au frère derrière moi.
« Mais, mon père, voyez : je roule un tube de papier pour ma leçon de physique, demain » : ce qui tombait vrai !!!
Le juste bouquin était ouvert à la juste page : le vent ! Quel bol.
Il a essayé de me faire avouer pendant les six ans qu’il a été mon « directeur de conscience », écœuré, ou touché, d’avoir failli à sa réputation. J’ai jamais su, mais j’ai apprécié le bonhomme….

377116 Publié le 18/11/2002 à 23:50 supprimer cette contribution
Carlow j adore ta façon de raconter!!
:o)
585989 Publié le 19/11/2002 à 01:19 supprimer cette contribution
Ces curés étaient tous sympas ; mais si, ils étaient sympas ; la preuve : lorsque l’Etat contractuel avait voulu leur imposer la mixité, vers soixante-dix, ces braves innocents crurent devoir commencer par les… terminales ! Ben dame ! Ils ont vite arrêté, pincés devant l’augmentation inattendue mais bien réelle de leur population « scolaire », et donc des demandes en mariage.
Victoiiiiiire, tu règneraaaaaaaas, oh chriiiiiiiist tu nous sauveraaaas…. Ouhais.
Pendant que « Laveur » se donnait ses vapeurs, nous, on jouait discrètement au poker entre deux cuisses, tout en n’oubliant pas de bouger les lèvres. Risqué, le truc ! et hebdomadaire et obligatoire, en plus !
Je ne sais toujours pas pourquoi, je n’ai jamais pu adhérer au truc ; ce n’est certainement pas faute d’avoir été abreuvé…
……
585989 Publié le 19/11/2002 à 01:22 supprimer cette contribution
merci, max, sympa...
~~ ><(((°>°°
°°<°)))><~~
519142 Publié le 19/11/2002 à 06:36 supprimer cette contribution
Bravo.....
539788 Publié le 19/11/2002 à 07:10 supprimer cette contribution
super...
616592 Publié le 19/11/2002 à 18:51 supprimer cette contribution
bah je le trouve pas essouffle du tout notre ami. C'est chiant les gens qui ecrivent bien, ceci dit, c'est raffraississant à souhait, mais, chut ne le derangeons pas et attendons la suite. Bravo.
585989 Publié le 19/11/2002 à 21:37 supprimer cette contribution
A propos des terminales intégrées, féminines diablesses dans un monde asexué, du croustillant est disponible :
Un jour, en cours de sciences naturelles, une manipulation des microscopes optiques était l’exercice défini… pour l’observation, un frottis buccal fut proposé comme matériau aussi disponible qu’aisé à se procurer.
Une de ces intégrées, col caroline et jupe plissée de rigueur, ayant fourni pudiquement la matière, eut la surprise d’observer dans la lunette de bizarres nageurs flagellants.
Sous l’œil amusé du fournisseur et de ses complices, il lui fut conseillé, par le curé scientifique mais pudique et responsable de la leçon, de veiller à se rincer les dents avant les cours… Finesse des blagues potachières.
585989 Publié le 19/11/2002 à 21:38 supprimer cette contribution
Zorro, Goupil, Apou, Mef, Péyou, Laveur, Belette, autant de surnoms qui sont vifs à ma mémoire, tous curés, alors que j’ai si peu de souvenance des profs laïques qui peuplaient aussi nos heures.
Chaque père avait sa personnalité, toujours très marquée et, nous l’avons vu, parfois très odorante.
Prenons Péyou, par exemple : c’était un hyper mnésique placide, prof de latin en quatrième et qui portait l’été de ridicules bermudas bleus sous sa soutane luisante, dont il oubliait régulièrement de boutonner la moitié des boutons.
Son esprit était à jamais perdu dans les vers de Virgile, ou l’épopée de la Guerre des Gaules : il en connaissait tous les méandres, s’en nourrissait sans doute, et nous les régurgitait brillamment.
« Prenez vos Lettres Latines (5oo pages) page 142, chap. 2, verset 48 : Ovide nous dit : … »
Et le Péyou nous récitait les vers désignés, sans évidemment le moindre bouquin devant lui !
Pour nous amuser, il nous proposait aussi parfois de désigner nous-mêmes le passage ; sans jamais se tromper.
585989 Publié le 19/11/2002 à 21:40 supprimer cette contribution
Le plus remarquable était « Nanar », chanoine et père supérieur du navire, omnipotent capitaine dont la seule présence en classe glaçait d’effroi l’ensemble du public, profs et curés confondus. Sa simple présence dans un couloir créait un silence respectueux, plusieurs encablures en aval, autant en amont.
J’ai eu l’honneur et l’avantage de me régaler de sa dernière année de philosophie, avant la retraite ; il nous parlait des choses de la vie avec une simplicité biblique, l’œil amical mais acéré, toujours prêt à rire ou à vitupérer.
Un jour, un pote épuisé par je ne sais quoi s’était endormi sur sa table. Nanar, sans le réveiller et de sa voix la plus chuchotante, nous conta cette anecdote :
« Clémenceau visitait un ministère ; les bureaux sont ouverts devant le Tigre, les uns après les autres,… tous affreusement vides ! Au bout d’un temps, on trouve dans un bureau un fonctionnaire à son poste, endormi, hélas… les chefs et sous-chefs se précipitent, mais Clémenceau les retient : ne le réveillez pas, il partirait… »

Le pote réveillé par nos éclats de rire n’a jamais profité de ce bonheur, mais, après nos récits, l’a profondément regretté.

Nanar nous tutoyait lorsqu’il s’adressait à la classe entière, pour nous dire :
« Tu comprends, tu penseras ce que tu veux, mais moi j’ai le droit de te dire que Malraux est un atrabilaire nerveux, et que Sartre est un atrabilaire visqueux. Et n’importe quel adulte qui te dirait que tu dois construire TA conviction sans te faire honnêtement part de la SIENNE est un imposteur ! »
Quand Nanar nous voussoyait, c’était individuel et vachement inquiétant…
…….
634723 Publié le 19/11/2002 à 21:42 supprimer cette contribution
mmmmmmmhhhhhhhhhhh
je suis bien
585989 Publié le 19/11/2002 à 21:44 supprimer cette contribution
merci à tous...
teneref, je suis honnête: je trouve mon "style", si j'en ai un, beaucoup trop "ramassé", sans souplesse, abrupt.
Tu es trop aimable d'aimer....
585989 Publié le 20/11/2002 à 01:06 supprimer cette contribution
Par ailleurs, le Nanar en question, quand je suis revenu le trouver, bêta, trois ans après, pour lui demander de me marier, il m’a vertement rappelé à sa fonction : si tu as un vrai projet, je suis à toi ; si tu me prends pour un pot de fleurs, passe ton chemin !
Merci, prof, de cette dernière leçon d’authenticité.
Dans mon autre vie, celle qui fut ma femme fut tétanisée par ce contact si véritable et ne prit jamais pour un un tel homme, rayonnant. Pas d’autre terme.

Et si nous revenions à des choses plus drôles : Madame Letacot , prof d’anglais paumée dans notre cercle, appréciait mon aisance dans cette langue que je pratiquais régulièrement, en Irlande (voir par ailleurs) et s’amusait de mes intonations de Kilkenny.
« Carlow, s’amusait-elle à répéter, vous avez un accent irlandais à couper au coteau ! », tout en reconnaissant que j’étais son meilleur élève.
Mme Letacot ressemblait à Marianne Faithfull : coupe à la Stone, jeune et frondeuse.
Or, il se trouve qu’à cette époque je pratiquais l’équitation ; aucun rapport ? ben si : suite à une malencontreuse chute, je fus (momentanément, bien sûr) privé de mes deux ratiches de devant.
Au cours qui suit : « Carlow, que vous est-il arrivé ?? »
Le cloître peut raconter que je n’étais pas que son meilleur élève : sa langue vérifia que mes dents manquaient….
Je les ai retrouvées, merci….
585989 Publié le 20/11/2002 à 01:09 supprimer cette contribution
chuis lycanthrope et c'est pleine lune, c'te nuit...
519142 Publié le 20/11/2002 à 06:37 supprimer cette contribution
mince avais pas repéré la lune, comprends mieux
Zoubi°°°
671261 Publié le 20/11/2002 à 17:42 supprimer cette contribution
Je devrais me mettre a noter mes anecdotes des maintenant, quoique rien n arrive a la cheville de cette histoire...pour linstant

*{¤=¤}*
585989 Publié le 20/11/2002 à 17:47 supprimer cette contribution
Je dois passer à autre chose, sinon je n’en finirai jamais de raconter St-Théo ; le nombrilisme a de ces exigences…
….
Juste un dernier mot pour expliquer Roro : connu en sixième, en 1966, donc, il est toujours mon meilleur ami et nous vivons à 8 kms de distance. Trente-six ans de vie n’ont pas réussi à nous séparer, et le regard de l’un pour l’autre est toujours aussi chaleureux…
Nos mères respectives nous ont même crus homos, jusqu’à ce que nous fondions nos familles.
Roro est plus agréable à mon cœur que mes frères, sa femme plus douce que ma sœur.
Et les paisibles soirées que nous passons ensemble me rassurent, et lui aussi, quand nous refaisons nos guerres sempiternelles : on s’engueule aussi souvent que l’on s’embrasse ; c’est à dire très rarement, pour les deux.
Il est mon contraire, mon complément, mon indispensable ; je suis son Montaigne, il est mon La Boétie.
A plus…
377116 Publié le 20/11/2002 à 18:27 supprimer cette contribution
j adore ces souvenirs de classe...
:o)
377116 Publié le 20/11/2002 à 19:20 supprimer cette contribution
bravo m sieur!!!
( depuis que je sais qu il est chef à l école...)
:o)
519142 Publié le 20/11/2002 à 19:42 supprimer cette contribution
coincidence de la vie, en 6ème je fis la connaissance de celle qui est plus qu'une jumelle pour moi. Nous arrivons même à tomber malade ensemble. Quand j'ai quitté Paris, elle fut un long moment fâchée, mais nous nous sommes mariées en même temps, avons fait les enfants à 6 mois d'intervalle et les congés scolaires nous sont réservés. L'amitié.
634723 Publié le 24/11/2002 à 20:52 supprimer cette contribution
est ce que la vie de carlow s'arrête là? moi j'avais encore envie de lire la suite...
585989 Publié le 27/11/2002 à 21:58 supprimer cette contribution
fais juste remonter le truc en attente pour ce we; espère que j'aurai du temps: j'en ai une bonne...
585989 Publié le 30/11/2002 à 10:08 supprimer cette contribution
Un jour, Alain et moi avions décidé de sécher l’étude de dernière heure pour aller faire un billard… Roro, qui avait cours de catéchisme, décida de se joindre à nous…
Et nous voilà donc partis, légers, chez la Chauvinette, ancienne gagneuse reconvertie dans la limonade et qui nous accueillait toujours en nous appelant « ses petits canards »…
Je ne me souviens plus du vainqueur de la partie, mais je me rappelle très bien mon Roro, sonnant chez moi à pas des heures, pâle, liquéfié, encore tremblant.
Pour s’alléger, cet idiot avait laissé son cartable plus ou moins planqué dans la classe de catech (de Laveur, voir plus haut). Vers six heures et demi, après notre escapade, il était revenu récupérer son bien, afin de rentrer chez lui normalement.

Dans le silence de la journée finissante, mon Roro cherchait dans quel pupitre il avait bien pu cacher son cartoch, quand une voix forte et grave l’interrompit :
« Vous cherchez quelque chose ? »
C’était Zorro, notre préfet de discipline, ainsi surnommé parce qu’il arrivait toujours au moment où on l’attendait le moins, la preuve ; déjà vu, Zorro : rougeaud, dépassant allègrement le quintal, ce curé se déplaçait avec souplesse, dans le plus parfait silence.
« Venez donc voir dans mon bureau si nous ne retrouverions pas vos affaires… »

L’interrogatoire fut difficile, d’après ce que m’a toujours raconté mon Roro : car, après les aveux ordinaires, le Zorro voulut connaître les complices, et Roro indigné se retranchait fermement derrière l’interdit de la délation.
Il a pourtant craqué quand Zorro a commencé à retrousser les manches de sa soutane, lui affirmant simplement, débonnaire et sûr de lui : « Vous voulez que je vous aide à parler ? ».

Le lendemain fut compliqué : convoqués séparément, puis ensemble chez le préfet, il nous fallut bien confirmer l’escapade, qui nous valut un dimanche entier de retenue avec nos chers abbés.
Sauf Alain, cette fiotte, qui fit jouer sa mandoline sur l’imminent divorce de ses parents, son adolescence difficile, et ses « je ne le ferai plus et c’est eux qui m’ont entraîné mais si vous le dites à mes parents ça sera l’enfer… ». Et ça a marché !!!
Et ses parents n’ont d’ailleurs jamais divorcé…
519142 Publié le 30/11/2002 à 10:30 supprimer cette contribution
:-) tu vois comme l'ordinaire est délicieux
jean47 - 2640217lui écrire blog Publié le 25/02/2010 à 18:57 supprimer cette contribution
Bonsoir,
Je suis aussi un ancien de St Théodard, je souhaiterais savoir si vous possédez d'anciennes photos de classe.
je suis inscrit sur Copains d'avant et Trombi, j'ai quitté St Théo en 1974 (Bac B ).
Merci
p_carlow - 913080 lui écrire blog Publié le 09/03/2010 à 18:06 supprimer cette contribution

On peut voir ça en bal

jean47 - 2640217lui écrire blog Publié le 12/03/2010 à 20:40 supprimer cette contribution
Bonsoir, je viens de vous écrire.
Bonne soirée à tous.
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